Parlement européen des Entreprises : Les entrepreneurs luxembourgeois font entendre leur voix

16/10/2014

La délégation luxembourgeoise menée par Michel Wurth, président de la Chambre de Commerce et membre du Conseil d’Administration d’Arcelor Mittal, et Carlo Thelen, directeur général de la Chambre de Commerce, comptait 11 entrepreneurs accompagnés de représentants économiques professionnels luxembourgeois.

Ce jeudi 16 octobre, l'hémicycle du Parlement européen a fait salle comble en accueillant plus de 750 entrepreneurs de 45 pays qui ont fait le déplacement à Bruxelles pour débattre et voter comme de vrais parlementaires sur 4 thèmes cruciaux touchant de près leurs activités. Au centre du débat : l'internationalisation des entreprises, le marché du travail, le financement et l'énergie.

C'est à l'initiative d'Eurochambres, l'association européenne des Chambres de Commerce, que le Parlement européen a ouvert ses portes aux entreprises pour cette troisième édition du " Parlement Européen des Entreprises " (EPE) permettant ainsi aux entrepreneurs de débattre directement avec les représentants des institutions européennes sur les problématiques et défis auxquels se trouve confronté le monde des entreprises, influer sur les décisions politiques et définir ainsi le périmètre du nouveau mandat législatif de l'Union européenne.

Au fil de débats centrés sur leurs attentes, les entrepreneurs ont lancé un message fort aux décideurs européens : obtenir des politiques nationales et européennes plus vigoureuses pour répondre aux problématiques auxquelles ils se trouvent réellement confrontés au quotidien.

Lors de cet événement, le Grand-Duché de Luxembourg a occupé 18 sièges au sein de l'hémicycle du Parlement. La délégation luxembourgeoise menée par M. Michel Wurth, Président de la Chambre de Commerce et Membre du Conseil d'Administration d'Arcelor Mittal, et M. Carlo Thelen, Directeur général de la Chambre de Commerce, comptait 11 entrepreneurs accompagnés de représentants économiques professionnels luxembourgeois.

La délégation luxembourgeoise a profité du déplacement à Bruxelles pour organiser en parallèle une rencontre en comité restreint, avec quatre des six Députés européens luxembourgeois qui siègent au Parlement à Bruxelles, en présence de Mme Viviane Reding, Mme Mady Delvaux, M. Frank Engel et M. Charles Goerens. Cette réunion de travail a permis des échanges de vue réciproques sur des dossiers stratégiques pour le Luxembourg.

La session d'ouverture du "Parlement Européen des Entreprises" a été animée par M. Richard Weber, Président d'Eurochambres et M. Martin Schulz, Président du Parlement européen. Cette première session - suivie de trois autres sessions - était consacrée à l'internationalisation. Les entreprises ont ainsi pu s'exprimer sur l'accomplissement du Marché intérieur au sein duquel les entreprises se heurtent toujours à un grand nombre de barrières qui cloisonnent le marché et qui ont un impact important sur la compétitivité (80% des votants trouvent que le Marché intérieur n'est pas achevé et soulignent que l'Europe devrait prendre des mesures plus efficaces, notamment en matière de transposition de directives, et lever certaines barrières qui persistent toujours dans les échanges commerciaux transfrontières, qui compromettent à la longue la compétitivité de l'économie européenne). La question sur l'accord de libre-échange transatlantique figurait également à l'ordre du jour (71% se sont prononcés en faveur de la conclusion du TTIP- Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement entre l'Union européenne et les États-Unis). Ce vote montre clairement l'importance cruciale du TTIP pour les entrepreneurs européens qui demandent par ailleurs à ce que leurs besoins spécifiques soient davantage pris en considération lors du processus d'élaboration des politiques communautaires.

La deuxième session de la journée était dédiée aux problèmes liés au marché du travail et donnait aux entreprises l'occasion de s'exprimer sur l'apprentissage (99% des votes en faveur de nouvelles réformes nécessaires pour stimuler l'apprentissage au sein des entreprises), le chômage des jeunes (91% des entreprises sont pour la mise en place de nouveaux programmes de mobilité pour les jeunes), la formation professionnelle (93% des votants jugent que l'UE devrait travailler davantage au renforcement des systèmes d'apprentissage professionnel au sein des Etats membres) et l'éducation (96% des votants estiment que l'UE devrait trouver un meilleur équilibre en matière d'enseignement académique et professionnel).

La troisième session était entièrement consacrée au financement. Les thèmes évoqués ont été les retards de paiement (81% des entreprises pensent que les gouvernements nationaux n'ont pas réellement résolu le problème des retards et délais de paiement qui se traduisent aujourd'hui par des faillites d'entreprises ayant des conséquences directes sur l'emploi), le mécanisme de garantie PME (67% de votes en faveur d'un mécanisme de garantie PME commun pour fournir aux entreprises un accès supplémentaire au financement sans se substituer aux dépenses des États) et l'accès au financement (66% des entreprises soutiennent que l'accès au financement des PME reste laborieux en raison de la hausse des coûts liés à la réglementation dans le secteur bancaire).

La quatrième et dernière session de ce "Parlement Européen des Entreprises 2014" s'est penchée sur le thème de l'énergie en abordant les questions liées au changement climatique (une grande majorité des entrepreneurs soulignent la nécessité d'une position mondiale face à cette problématique et pas uniquement européenne), au marché intérieur de l'énergie (90% des votants sont en faveur de l'achèvement du marché intérieur de l'énergie) et aux énergies renouvelables (92% estiment que les Etats membres de l'UE devraient élaborer des stratégies globalement plus rentables et reconsidérer leur plan d'action pour favoriser l'essor des énergies renouvelables). Au cours de cette session, le Luxembourg s'est exprimé sur le sujet en la personne de M. Michel Wurth, qui a soulevé la question de dépendance de l'Union européenne en matière d'énergie, ainsi que les risques encourus, rappelant que l'UE importe plus de 50 % de son énergie. M. Wurth s'est prononcé en faveur d'une meilleure coordination des politiques nationales au niveau européen afin de rendre le marché des énergies renouvelables plus efficient et d'assurer une meilleure intégration des pays disposant de ressources abondantes d'énergies renouvelables. Comment l'Europe peut-elle ainsi compenser ce déficit et pallier à ses insuffisances en redistribuant en interne l'énergie qu'elle produit déjà ?

Les résultats des votes des entrepreneurs seront prochainement présentés aux institutions européennes.

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